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Veillez suivre la coquille III

  • Autorenbild: Carlito Thormann
    Carlito Thormann
  • 15. Jan. 2022
  • 3 Min. Lesezeit

Aktualisiert: 3. Jan. 2023

Et on continue le long du Camino del Norte


06.10.2021


Le petit déjeuner était inclus dans le prix de la nuit. Je me retrouve alors devant une table remplie de pain, fromage et toute sorte de confiture. On me demanda à ma grande surprise si je voulais du sucre dans mon chocolat chaud. Dans le doute j’ai accepté et je n’ai pas regretté. Ce que je ne savais pas, c’est que le cacao vendu en grande surface en espagne est beaucoup plus amer que celui vendu chez nous. Vers huit heures et demi je me suis remis en route pour ma deuxième étape.


Peu après j’arrive à Zarautz, petite ville portuaire avec beaucoup de charme. Puis vint une longue partie au bord de la côte. Avec un livre audio et un grand sourire, je ne me souciais que peu du temps grisâtre. Soit dit au passage que ce livre audio, de Martin Suter et Benjamin von Stuckrad-Barre, était tout sauf passionnant. Je pense que le public cible sont les personnes qui aiment écouter deux hommes, qui ont tout réussi dans leurs vies, se plaindre de choses insignifiantes. Champagne problems. Mais bon, passons.


Le camino quitta alors la côte pour commencer l’ascension d’une colline. J’approchais Deba, une petite ville d’environ 5’500 habitants. J’empruntais des chemins de campagne, montant de plus en plus haut. Arrivée en haut de la colline, j’étais également arrivé en haut de la ville, qui était bâtie sur l’autre flanc. Il me restait donc plus qu’à redescendre tout ce que j’avais gravi les heures d’avant. Un escalier qui me semblait interminable menait à la place principale de la ville. Je vous laisse deviner l’immense joie que j’ai ressentie en descendant ces marches…

Avant de continuer mon chemin, je fis une pause pour reprendre des forces. Évidemment une seule solution: Un Kebab de taille démesuré, servi avec frites, qui me sembla très bon marché. Avec un immense plaisir je me goinfre alors de ce festin. Je pouvais sentir ma force revenir s’installer dans mes jambes fatiguées. Je ne pouvais pas savoir à quel point cette force allait être nécessaire…


Depuis Deba il ne restait plus beaucoup de kilomètres pour atteindre mon auberge. Seul problème: aucun mètre n'était plat. Je grimpai alors la deuxième colline du jour. Après deux heures passées dans de la verdure et sous un soleil tapant, j'atteins alors finalement l’auberge Izarbide.

Pas tout à fait convaincu d’être au bon endroit, je m’aventure dans la petite maison, où je me retrouve devant un bar. Avant que je puisse demander si j’étais bien dans une auberge, on me sert une bière. Seulement une fois que cette étape importante était effectuée, l’aubergiste s’occupa des choses sans intérêt, comme le contrôle de mon passeport par exemple. Il me montra l'endroit, composé de deux grandes salles remplies de lits, des douches et une salle commune.


Pendant que je lavais mes habits dehors, avant de les faire sécher au soleil, un visage familier s’approcha de l’auberge: Jürgen the German. Après m’avoir salué, il alla lui aussi se présenter à l’aubergiste. Pendant ce temps-là, je me suis installé sur la petite terrasse pelouse, qui faisait partie de l’auberge, dernier endroit où l’on pouvait encore profiter du soleil.


Voulant lire, je pris place sur une chaise longue. Il m’a fallu que peu de temps avant de m'apercevoir que les autres pèlerins se retrouvaient autour d’une bière et discutaient. Se passa alors quelque chose de rare pour moi: je ressentais de la timidité. Après quelques minutes de débat intérieur, je pris mon courage à deux mains. Armé d’une bière, je m’avance vers une table, à laquelle sont assis un jeune homme et une jeune femme.


Leurs noms étaient Alessandro et Amanda. Pendant notre discussion j’ai eu le plaisir de constater, non seulement que mon espagnol était catastrophique, mais aussi que les deux étaient fort sympathiques. Amanda, une jeune espagnole de Madrid, venait de quitter son métier d'infirmière, après que la pandémie lui en ai fait voir de toutes les couleurs. Elle venait de déménager à Valencia et allait entamer des études bientôt. Alessandro, un italien, était ingénieur du son et avait appris l’espagnol par le biais de sa copine espagnole. Il avait même quitté Rome pour la rejoindre et s’installer avec elle, également à Valencia.


Une fois le soleil couché, nous sommes passés dedans pour échapper au froid. Nous tombons alors sur Jürgen, en plein Workout. Quelle drôle d’idée de faire des pompes et des abdominaux après plus de trentes kilomètres de marche. En plus, avec la taille du personnage, il prenait quasiment toute la place dans la petite salle commune. On avait l’impression de voir un ver de terre s’agiter dans un Tupperware. Cette scène suscita un rire général, renforcé par la phrase de Jürgen: ,,Bah quoi, il faut bien que je reste en forme.”


En partageant nos réserves nous avons alors soupé ensemble, en continuant nos discussions. Ce soir-là j'ai appris à quel point les liens entre pèlerins peuvent se créer rapidement et, de manière naturelle, s’approfondir.


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