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Veuillez suivre la coquille XXX

  • Autorenbild: Carlito Thormann
    Carlito Thormann
  • 13. Feb. 2023
  • 4 Min. Lesezeit

Aktualisiert: 31. Mai 2023


02.11.2021

 

Pour aucune raison je me suis réveillé très tôt pour mon dernier jour de marche. J’avais l’impression que tout le monde était pressé. J’entendais, aux alentours de sept heures, les autres pèlerins faire leurs sacs. Ne voulant pas juste rester au lit, je me suis moi aussi préparé à partir.

Le trajet donnait un ressenti de course ce jour-là. Beaucoup de gens étaient en route, ce qui n’était pas très étonnant, vu qu’à partir d’Arzuá plusieurs Camino se rejoignent. Il y avait plus de jeunes, surtout des Espagnols, que j’avais l’habitude de voir. J’ai appris plus tard que le certificat de pèlerins se faisait très bien sur le curriculum vitae en Espagne. Pour le recevoir il suffit de faire un pèlerinage de 100 kilomètres. Beaucoup de jeunes en Espagne le font alors ensemble pendant les vacances.

 

Le paysage à vite changé, je traversais plus des champs, mais les premiers quartiers de Santiago. Il me restait encore dix kilomètres avant mon vrai but, la cathédrale. Je sentais mes dernières réserves d’énergie s’en aller gentiment mais surement. Pour la dernière fois du voyage j’ai enclenché mon mode autopilote.

Enfin, le moment si longuement attendu, me voila devant la cathédrale. Après plus de 800 kilomètres d’effort et un mois d’aventures, je l’avais fait, j’avais enfin atteint mon but. La pluie s’est arrêtée le moment où j’ai posé mon regard sur l’immense bâtisse. Mes joues ne sont pas restées sèches longtemps. Je me suis assis et j’ai laissé libre cours à mes larmes. Le sentiment qui me submergeait était indescriptible. Un sentiment de victoire, de la tristesse, du soulagement et un bonheur inouï se mélangeaient dans mon cœur. Tout ce moment était juste surréaliste. Tout autour de moi des pèlerins se prenaient dans les bras, on entendait des cris de joie, des rires et des pleurs. Tout les efforts avaient valu la peine, nous en avions enfin la confirmation.

 

Au bout d’un moment j’ai repris mes esprits et je me suis levé. La vague d’émotion qui s’était abattue sur moi m’avais rempli d’énergie. J’avais l’impression que me jambes n’avaient fait aucun effort et que j’étais près à refaire toute mon aventure tout de suite.

Je me suis mis en route en direction de l’office du pèlerinage. Je voulais recevoir mon certificat, je ne m’étais pas amusé à tamponner mon passeport de pèlerin pour en faire une décoration plus tard. Arrivé là-bas j’ai d’abord du remplir une inscription en ligne en faisant la queue. Finalement c’était à mon tour. Je suis arrivé au guichet, où mon passeport à été inspecté méticuleusement. Ensuite j’ai reçu, en plus de mon certificat de pèlerin en latin, un document qui attestait le nombre de kilomètres que j’avais parcourus.

 

En sortant je suis en premier allé dans un magasin de souvenir, qui se trouvait dans la même rue. Je me suis acheté une jaquette et j’ai eu une discussion très intéressante avec la vendeuse. Je suis ressorti du magasin avec un grand sourire, ça m’avait fait du bien de pouvoir échanger avec quelqu’un après les émotions fortes que j’avais traversés quelques minutes plus tôt. Dans la même rue encore, je suis tombé sur un pèlerin avec quatre chiens. Il m’a interpellé car il avait plus d’argent. Benjamin était français et m’a raconté qu’il avait tout son voyage sous tente, car il habitait dans la rue en temps normale. Je lui ai donné les cinq euros qui me restait en liquide avant de lui souhaiter bonne chance pour la suite.

 

J’avais pris une petite chambre dans un hôtel pour mes deux nuits sur place, qui se trouvait à même pas cinq minutes de marches de la cathédrale. J’ai d’abord reçu un café en arrivant. J’étais une fois de plus en avance, la chambre n’était pas encore prête.

Je me suis rapidement installé, avant de repartir en ville. Je voulais un peu explorer les alentours. Cela faisait un moment que je n’étais pas allé dans une grande ville. A la recherche d’un supermarché, je suis tombé par hasard sur le musée du Pèlerinage. Sans réfléchir longuement j’y suis entré. J’ai beaucoup appris sur l’histoire et les origines de la tradition, ce qui m’aurait peut-être moins intéressé avant mon voyage.

 

Un peu plus tard je suis donc allé faire des achats. A l’entrée du supermarché un homme m’a interpellé. Il m’a demandé s’il était possible que je lui acheté quelque chose à manger. Il était en route avec plusieurs autres personnes et ils avaient parcourus leur voyage sans argent. Je l’ai pris avec moins dans le magasin, où je lui ai payé deux trois choses. Il m’a remercié mille fois, avant de disparaître dans une petite ruelle.

 

J’avais beau être à Santiago, je ne pouvais pas rater ma siesta. Je suis retourné à mon hôtel. J’ai regardé un film, étalé dans mon lit, savourant le fait que je n’avais plus de kilomètres à parcourir.

Le soir je suis allé dans un petit bar, que j’avais trouvé sur internet. Je voulais me faire plaisir pour fêter mon arrivé. J’ai commandé plusieurs plats et verres de vin. Dans une humeur festive, j’ai décidé de retélécharger les réseaux sociaux. Une mauvaise idée. Au bout d’une demi-heure sur mon téléphone, je me sentais tout ramolli. La plupart de ce que j’avais vu était sois négatif, sois sans intérêt ou alors j’aurais préféré que mes amis me racontent ça la prochaine fois qu’on se serrait vus. J’ai effacé les applications sans hésiter.

J’étais un peu alcoolisé en rentrant à l’hôtel. Arrivé dans ma chambre j’ai enregistré un audio, pour m’expliquer à moi-même, comment j’avais ressenti cette demi-heure sur les réseaux sociaux. Je ne peux toujours pas écouter cet audio sans m’arrêter par gêne.

 

Mon premier jour à Santiago était passé à une vitesse folle, mais j’étais très heureux d’être enfin à destination. Pour la première fois depuis le début de mon voyage je vivais vraiment dans l’instant présent.



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