Veuillez suivre la coquille XIV
- Carlito Thormann
- 18. Feb. 2022
- 3 Min. Lesezeit
Aktualisiert: 3. Jan. 2023
17.10.2021
Vers sept heures du matin, après avoir pris un petit déjeuner à l’auberge, je me suis remis en route. Avec ma lampe frontale et plein d’énergie je quitte alors l’auberge. Dans l’espace de la première demi-heure j’ai réussi à me perdre deux fois, avant d’enfin sortir de San Vicente.
Je parcourais des paysages magnifiques, tant en bord de mer que dans les collines et les forêts. Au bout de 16 kilomètres j’arrive dans une toute petite ville, qui porte le nom Unqueras. Là-bas j’ai fait une petite pause sur un banc, le temps de manger une pomme. Je me trouvais juste avant la frontière entre la Cantabrie et l’Asturie. Mais avant d’y arriver, il me restait une montée bien raide à surmonter.
Celle-ci fut dure physiquement, mais une fois de plus, la vue et l'environnement que je traversais valaient l’effort. J’ai aperçu par exemple un parc d’aventure suspendu dans les arbres. Le premier endroit que j’ai traversé en Asturie fut le village de Colombres. Un magnifique village, rempli de ruelles pavées, de palmiers et de vieilles maisons en briques.
Après Colombres suivait de longs kilomètres au bord de la route, jusqu’à Pendueles, où se trouvait l’auberge Casa Flor. Surtout le dernier bout avant d’arriver à l’auberge était très désagréable. Je marchais vraiment sur la route, n’ayant pas d’autre choix. Pendant la dernière heure j’étais en mode autopilote. C’est comme cela que j’appelais l’état dans lequel je me concentrais plus que sur la musique dans mes oreilles et où je traçais jusqu’à l’arrivée, en faisant abstraction des douleurs et de l’épuisement.
Peu après une heure de l’après-midi je suis arrivée à l’auberge Casa Flor. L’auberge se trouvait à l’étage d’un restaurant mexicain qui portait le même nom et qui était géré par le même personnel. Je me suis renseigné pour l’auberge au bar, où l’on m’a expliqué que l’auberge n’était pas encore ouverte. C’était un peu frustrant, car j’aurais bien aimé prendre une douche. Pour passer le temps, j'ai alors commandé à boire, avant de me poser à une des tables sur la terrasse. Tout en lisant je mangeais les petits tapas que l’on m'avait servis avec ma boisson.
Une demi-heure plus tard, le serveur me dit qu’il ouvrait l’auberge et que je pouvais m’installer. Pour 15 euros j’ai alors eu le plaisir de découvrir la pire auberge que j’ai pu rencontrer. Il y avait qu’une seule toilette et une seule douche, pour une capacité d’environ 45 lits. En plus de ça, la petite salle de bain n’était pas très propre. On pouvait lire presque partout plusieurs textes informatifs, qui avaient principalement comme but de faire la liste des interdits. Par exemple on pouvait y lire qu’il était défendu de laver ses habits à la main. C’était le premier indice que l’aubergiste n’avait que l’argent comme motivation. Dans mon petit lit j’ai alors découvert que le Wifi du bâtiment ne suffisait pas pour faire quoi que ce soit sur internet depuis les chambres.
Un peu plus tard, l'aubergiste vint voir combien de clients il y avait déjà. Il m’a demandé de manière peu subtile combien d’autres pèlerins j’avais croisé en route et si je pensais qu’ils allaient, eux aussi, venir passer la nuit dans son auberge. C’était un homme autour des soixante ans, qui m’a semblé très antipathique. Ensuite il insista sur le fait qu’il fallait absolument que je mange dans son restaurant le soir venu. Je sentis alors vraiment son intention de faire de l’argent. Le confort où le voyage de nous pèlerins ne l'intéressait guère.
Il n’y avait pas d’autre choix que de manger mexicain. L’auberge n’était pas équipée d’une cuisine et il n’y avait pas d’autres restaurants dans les alentours. Pendueles, où je me trouvais, était juste un petit trou perdu au bord de la route.
Je me suis installé à une table, à laquelle Javier et José m’ont rejoint un peu plus tard. Ils étaient tous deux arrivés quelques heures après moi. Le repas n’était pas trop mal, mais rien d’incroyable non plus. Une fois mon repas terminé, j’ai payé et je suis monté dans la chambre. José et Javier sont restés encore un peu, le temps de terminer leurs desserts. J’ai appris par après que le serveur avait voulu faire payer Javier trop, alors qu’il avait dû changer sa commande parce qu’il manquait un ingrédient en cuisine. Cela explique pourquoi il était rentré dans la chambre sans sourire. Il est probable qu’aucun pèlerin qui soit passé au Casa Flor en garde un bon souvenir.
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