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Veuillez suivre la coquille V

  • Autorenbild: Carlito Thormann
    Carlito Thormann
  • 19. Jan. 2022
  • 4 Min. Lesezeit

Aktualisiert: 3. Jan. 2023

Le jour où j'ai perdu mon passeport...



08.10.2021


Après une grasse matinée bien nécessaire, je me force à remettre mes chaussures. Je quittai ma chambre vers neuf heures et demie pour m’aventurer dans la petite ville. J’ai acheté un petit déjeuner avant d’aller chercher un café à l’emporter dans un petit bistro dans la rue principale.


J’avais en tête d’atteindre Bilbao ce jour-là, ce qui signifiait une étape d’environ 30 kilomètres. Toujours suivant les coquilles, je sortais lentement de la petite ville. Mon ennemi le plus redoutable fit alors sa première vraie entrée sur scène: l’asphalte. Je pense ne devoir expliquer à personne qu’il est plus agréable de marcher sur un sol forestier que sur une route goudronnée. Je vous laisse alors imaginer avec mes pieds parsemées de cloques, dans les chaussures qui avaient causé ces dernières. Les montées s’occupaient des pieds et les descentes s’attaquaient au genoux.


Une route sinueuse, traversant de tout petits endroits et forêts, m'emmena en haut de la colline. C’est à ce moment qu’a commencé la partie qui allait tenter de m’achever. Une longue descente, toujours goudronnée, me fit sentir mes genoux à chaque pas, des douleurs comparables, voire plus intenses que celles du jour précédent.

J’arrive alors à Lezama, avec 16 kilomètres dans les jambes. Je savais, et surtout je sentais, que je ne pouvais pas arriver jusqu’à Bilbao à pied. Mais miracle, voilà que je tombe nez à nez avec un bus. Après m’être assuré que celui-ci m'amènerait bien à Bilbao, je m’installe, content de reposer mes jambes.


Une vieille dame me demanda si je pourrais lui donner un masque. Je lui tendis ce dont elle avait besoin Pour me remercier elle voulait me donner deux euros, mais je refusa. J’ai voulu refuser, mais elle m'a mis la pièce dans les mains, sans se soucier de ce que je lui disais. J’ai ensuite utilisé la pièce pour payer mon ticket de bus. J’en ai déduit sur le moment, un sourire au lèvres, que ma bonne action m’avait permise d’avancer dans mon chemin.


Après un trajet de 45 min j’arrive à Bilbao. Pris par une grande faim et de flemmardise, j’entre alors dans le Burger King de la place principale. J’ai attendu mon FAST-Food plus d’une heure et même avec une faim de pèlerin, le burger ne valait pas ce long temps d’attente. J’aurai mieux fait de choisir un autre repas.


En sortant mon porte-monnaie de mon sac, je me suis aperçu que mon petit travelbag n’y était plus. Cela signifiait plus de passeport et plus de passeport du pèlerin. Tout de suite la panique s’empara de moi. J’en était qu’au cinquième jour, ce n’était quand même pas possible que je perde mes documents! Je me voyais déjà devoir abandonner mon voyage, pour la simple raison d’avoir été assez stupide pour perdre ces deux papiers.


Je me suis rendu à l’office du tourisme, pour me procurer le numéro des objets trouvés de la ville. Mais avant d'appeler je voulais trouver un endroit où dormir pour les deux nuits suivantes. J’avais décidé de rester à Bilbao pour me reposer et découvrir un peu la ville. Dans mon plan, que j’avais fait avant de partir en espagne, il était prévu de dormir dans un hostel, qui se trouvait un à l'extérieur de la ville. J'ai pris le métro pour m’y rendre. Arrivé sur place, l’hostel n’était pas ouvert. Au téléphone on m’informa qu’il était complet. J’ai après ça appelé plusieurs autres hostels, tous complets. Je décide alors de retourner dans la ville. La situation devenait de plus en plus stressante. Entre la perte des documents et le fait que j’avais l’impression de ne pas pouvoir trouver de logement, ça me pesait lourd.


Je trouve alors sur internet le Optimi Rooms, un hôtel où l’on loue une capsule en guise de chambre. Avec l’aide de Google Maps je finis par le trouver. Par chance, ils avaient une capsule de libre pour les deux nuits.


Après avoir pris mes marques dans la capsule et m’être douché, je ressors de l'hôtel et me pose sur un banc juste devant. Un coup de fil me confirma que mon travelbag n’avait pas été déposé au bureau des objets trouvés. En priant, j'appelle alors la centrale de la ligne de bus. On me redirige plusieurs fois, jusqu’à ce que je sois au téléphone avec la bonne personne. Après avoir contacté directement le chauffeur du bus. Et là, deuxième miracle du jour: le chauffeur avait trouvé et mis de côté mon travelbag. Je pouvais aller le chercher au terminus, le bus y serait d’içi quelques minutes.


Deux choses rendirent cela compliqué. Premièrement, il y a avait environ deux kilomètres entre moi et le terminus. Deuxièmement, je portais des tongues, afin de retirer un peu de pression de mes pieds. Je me suis donc mis à courir avec la grâce d’un éléphant auquel il manquerait une jambe à travers Bilbao. Après m’être trompé plusieurs fois de chemin, je retrouve enfin le terminus. Le chauffeur me donna mes affaires et je pu enfin commencer à savourer la ville comme il se doit.


En rentrant au Optimi Rooms je me suis acheté des sushis, que j’ai ensuite mangé dans la salle commune de l’hôtel. Puis, je suis retourné dans ma capsule. Elle était équipée d’un miroir, un système d'aération et d’une télévision, Amazon Prime inclu. Pour mettre tout cela en marche, il me suffisait de mettre ma carte dans la fente en dessous du miroir. Le reste de la soirée j’ai savouré le repos et j’ai regardé des comédies en espagnol, que les sous-titres rendaient à peu près compréhensibles.


En rétrospective, cette journée aurait pu se terminer bien différemment et peut-être même détrôner la précédente en terme de pire journée du voyage. Mais à la place, elle reste gravée dans ma mémoire comme le jour durant lequel j’ai eu le plus de chance. Alors merci, merci ange gardien, que je dois certainement avoir quelque part, ne serait-ce que dans mon imagination.





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