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Veuillez suivre la coquille IX

  • Autorenbild: Carlito Thormann
    Carlito Thormann
  • 27. Jan. 2022
  • 4 Min. Lesezeit

Aktualisiert: 3. Jan. 2023



12.10.2021


Après être allé chercher un petit déjeuner dans une boulangerie, je me suis mis en route vers neuf heures. La première partie du matin j’ai suivi les flèches en longeant la côte. Je traversais de petits bouts de forêt, des grandes pelouses, tout ça dix mètres au-dessus de la mer. Ces kilomètres font partie des plus beaux de mon voyage.


Puis vint une partie moins esthétique, je me retrouvai à nouveau au bord d’une route pour quelques temps. Comme le jour précédent, deux options s’offraient à moi. Cette fois-ci j’ai décidé de prendre l’option la plus longue, car elle menait à travers de petits villages et des collines, alors que la plus courte continuait le long de la route.


Deux kilomètres plus tard, je me suis arrêté dans un petit endroit du nom de Rioseco. Je m’installai sur un banc pour faire ma pause midi. Mes pieds me faisaient à nouveau des problèmes, j’étais donc bien content de pouvoir enlever mes chaussures pour un moment.


Le chemin partait ensuite en direction d’une imposante colline. J’attaque alors, sous un soleil tapant, une longue montée. Au bout d’un moment je me rends compte d’un drôle de phénomène. Au-dessus de moi, dans le ciel bleu, d'immenses rapaces tournent en rond. Cette découverte avait quelque chose d’irréel à mes yeux. Le tableau dans mon esprit, de cette montée sous un soleil presque violent et les rapaces tournant en rond, me faisait penser à une scène d’un vieux western. Ils attendent que je faiblisse, que je m'arrête, pour qu’ils puissent enfin se délecter de ma chair, me dis-je alors avec mon esprit dramatique. Cette pensée me fit sourire et me redonna de l’énergie. Je n’avais aucune envie de me faire dévorer. J’ai appris seulement par après qu’ils s’agissait d’aigles.


Juste avant Laredo, endroit où j’allais passer la nuit, le chemin rejoint à nouveau la côte. La vue sur la mer qui s'étendait jusqu’à l’horizon a rendu ces derniers kilomètres plutôt agréables.


Peu après quatre heures je suis arrivé à l’auberge la Trinidad, intégrée dans un monastère et gérée par les bonnes sœurs de la sainte trinité. Deux sœurs, un peu étranges au premier abord, m’ont alors accueilli et expliqué les règles de la maison. De six à huit heures, il était impossible d’entrer dans l’auberge, car la messe avait lieu à ce moment-là. Après j’ai été amené à ma chambre, que j’allais partager avec quatre autres pèlerins.


Tous les quatres étaient des visages que j’allais croiser encore maintes fois. J’allais même partager quelques kilomètres avec deux d'entre eux. Au bout de la chambre s'était installé un couple marié de Barcelone, dont je n’ai jamais appris les noms. A côté de mon lit se trouvait un lit à étages. En haut allait dormir Nele, une jeune allemande, avec qui j’allais surtout sympathiser le lendemain. En dessus s’était installé José.


Lui, je ne suis pas près de l’oublier. C’est avec lui que j’ai partagé le plus de kilomètres et le plus de chambres. Au fil du temps j’ai commencé à adorer le détester et à détester l’adorer. Cela semble quelque peu contradictoire pour le moment, mais la suite de mon récit permettra peut-être de mieux comprendre ce ressenti.


José était un homme dans la cinquantaine. Il avait un grand plaisir à parler et avait un sacré sens de l’humour, que certains auraient peut-être qualifié de beauf. Moi je pense simplement que c’est un bon vivant. Il était originaire de Cordoba, où il avait été gérant d’un bar. Au moment de notre rencontre, il avait changé de métier et louait à présent des salles de fête. J’allais encore apprendre encore moultes choses sur sa vie, mais chaque chose en son temps.


Après avoir pris ma douche, je suis tombé sur Oliver dans les couloirs. On a décidé d’aller en ville pour boire un verre. Oliver était une personne très cultivée. Nous avons discuté de littérature, de politique et d’autres sujets. Je le trouvais très sympathique, mais il y avait quelque chose chez lui qui me dérangeait un peu. Ce n’est que plusieurs jours plus tard que j’ai enfin compris ce que c’était. Il était juste trop allemand à mon goût. Alors ça sonne quelque peu bizarre à dire comme ça, mais j’expliquerais cette conclusion plus tard, avec l’aide de certains exemples.


Un autre allemand se joigna à nous, qu’Oliver avait déjà croisé en chemin. Ils ont commencé à échanger leurs différents voyages. J’ai écouté avec grand intérêt leurs récits de treks au fin fond du Népal et autres aventures.


Une fois les verres vidés, on s’est séparés. Je suis parti acheter des pâtes et du pesto, pendant que les deux autres se sont mis en route pour chercher un restaurant. De retour à l'auberge, je me suis retrouvé devant une porte fermée. La messe n’était pas encore terminée. Pendant que j’attendais, deux jeunes italiens sont arrivés. Malheureusement je n’ai jamais noté leurs noms et je les ai oubliés. Dommage, car je les appréciait beaucoup.


Pendant que je préparais mes pâtes, Tatjana m’a rejoint dans la cuisine. Elle aussi venait d'Allemagne et était une connaissance d’Oliver et de l’autre allemand. Elle m’accompagna dans la salle à manger, où se trouvaient déjà deux Espagnols. L’un d’entre eux était José, l’autre était un homme réservé, qui faisait le chemin à vélo. Je l’avais déjà croisé dans l’auberge d’Orio. Avec ce casting improbable, ce fut une soirée très rigolote. José s’était mis en tête de nous donner un cours d’espagnol. Je me suis retenu de lui dire que je connaissais déjà tous les termes qu’il voulait m’apprendre.


Pendant la nuit j’ai regretté encore une fois d’avoir pris avec moi seulement un sac de couchage très fin en tissu. Un sac de couchage bien chaud vaut toujours son poids et la place qu’il prend dans le sac. Encore une leçon apprise durant ce mois d’octobre.


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